Liberté, Égalité, Fraternité en guise de devise républicaine rappelle aussi le parcours de toutes les luttes sociales depuis la Révolution Française. Cette devise apparaît depuis peu comme fragilisée mais chaque fois renforcée lorsque la République par l’essence même qui est la sienne, tient au renouvellement des Hommes qui doivent la servir.

Le mardi 15 mai 2012 François Hollande en sa qualité de Président de la République élu, Chef des armées, a reçu l’onction suprême de pouvoir servir ses concitoyens par le truchement de la plus lourde charge de la République, celle du Président de tous les Français. Quelle leçon tirer du parcours de cet Homme d'Etat dont la silhouette s’est affinée au fil des temps, s’imposant par ailleurs un régime drastique, point d’orgue de son ascension au Palais de l’Elysée. Et que révèle cette mue ! La volonté affichée de s’inscrire dans la Norme. Être conforme à la Norme, à la moyenne, et c’est d’ailleurs le sens qu'il souhaite donner à sa présidence. Du candidat normal à la présidence normale, François hollande a su imposé tout au long de la campagne électorale, la notion de Norme dans la façon d’être et la manière d’être, et de vouloir être de ce président qui se veut comme les autres. L’homme s’y est longtemps préparé. Tout au long de la campagne, il a voulu imposer son style, proche du peuple, usant parfois de trop du thème de rassemblement quoiqu'il ait fort à faire comme l’a annoncé le béarnais François Bayrou. De toute évidence le président normal est investi. L’un doutait de sa capacité à prendre en main le destin de la France, des Français, voire des Européens, il y est parvenu avec un parfait respect de son calendrier. L’autre doutait de sa capacité à incarner la fonction, les images de son investiture, l’air grave prononçant un discours clair et succinct montre bien l’image d’un chef, qui pour le citer « je fixerai les priorités mais je ne déciderai pas pour tous, de tout et partout ». Tel est le sens de la normalité, c'est-à-dire, s’inscrire comme son prédécesseur dans la rupture et cette fois ci de l'hyper-présidence qu'a voulu incarné Nicolas Sarkozy. Eh bien cinq années après la première rupture amorcée par le désormais ex-président, François Hollande comme pour montrer son attachement au respect des institutions républicaines a simplement manifesté la volonté et la détermination de rompre avec la rupture. A chacun son style ! Celui ci se veut normal. Et quelle normalité !

Pour mieux comprendre, il importe d’observer et de décrypter les paroles et actions du désormais Chef d'Etat Français. C’est un état d’être. L’homme se veut à la fois dans le mouvement mais dans la retenue, il est porteur d’un idéal républicain celui de gouverner dans le rassemblement, il souhaite être le défenseur de la France mais dans le respect de tous les corps intermédiaires de la nation, qui faudra t’il le rappeler porte aussi la parole des Français. C’est dans ce contexte qu'élu Président de la République le dimanche 6 mai 2012 il a tenu a manifesté a l’ensemble de toutes les Françaises et à tous les Français sa volonté d’œuvrer pour la justice, la jeunesse et le rayonnement de la France. Ses premiers mots à l’issue de cette élection poignante sont prononcés en Corrèze à Tulles. A Mitterrand le Château-Chinon et à Hollande la Corrèze. Cette comparaison n’est pas anodine. La Bastille restera dans l’histoire de la V ème République le lieu de célébration de la victoire électorale et cette fois ci encore au cours du mois de Mai, des deux présidents socialistes que la France ait connu à ce jour. C’est normal et c’est une expression de la normalité. Pourquoi ? Il s’agissait simplement de fêter la victoire avec le peuple, parmi le peuple autour du peuple et dans l’entente cordiale avec d’autres peuples. D’aucuns y ont vu, l’expression d’un certain communautarisme avec les drapeaux étrangers. C’est vouloir nier l’histoire même de la France, terre d’ardents défenseurs de la République, des droits de l’homme, qui ont su embrassé par l’idée même qu’ils se font de toute civilisation, le devoir de s’ouvrir. Il s’agit d’un raisonnement logique et c’est normal de le voir ainsi en évitant toute récupération qui ne grandirait pas leurs auteurs. La Bastille redevient à nouveau le lieu de la rencontre et pour une meilleure diffusion des idéaux républicains pour de plus grandes victoires Françaises.

Et ainsi François Hollande se mettant aussitôt au travail, multipliant les consultations tout au long de la semaine écoulée, offre le contraste avec les images d’il y a Cinq ans d’un président au Fouquet et sur un yacht. Il est important de mentionner au passage que l’état du pays ne prête guère à l’euphorie. C’est donc normal que François Hollande soit au travail. La situation est difficile et il a tout intérêt à construire une conjonction de coordination entre le projet et la réalité: Revenir à l’équilibre des comptes en 2016 par la prise de mesures orientées vers un volet croissance dont l’objectif est de rétablir d’une part la justice sociale et d’autres part tenir les engagements européens de réduction des déficits publics ou Perdre la confiance des Français.

Qui aurait cru que le volet croissance annoncé dès les débuts par François Hollande susciterait l’intérêt de certains dirigeants européens dont Mario Monti et Mario Draghi ? Et pourtant, il semble Normal de comprendre que l’Austérité budgétaire doit s’accompagner d’une forte ambition d’investissement opérée sur des choix d’Avenir ! Au mieux doper la croissance et rétablir les comptes plus tard. Il appartient au tout nouveau Président de la République, droit dans ses bottes, investi dans une salle dont le décor traduit bien les couleurs de la cérémonie, de montrer l’image d’un chef déterminé à Restaurer les Institutions afin de leur accorder toute leur légitimité. Le sacre de l’Homme de la Normalité est fait. La France n’est pas un problème, elle est une solution…